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Inie a un statut de chien thérapeute en Ehpad

Un labrador de deux ans aux vertus thérapeutiques auprès des seniors… C’est l’expérience tentée et réussie à la maison de retraite de Saint-Benoît.

Le brossage d'Inie sous l'œil vigilant d'Elise, sa référente. - Le brossage d'Inie sous l'œil vigilant d'Elise, sa référente.

Les regards s’éclairent, les mains se tendent et se détendent, le langage revient, les rires aussi. Pendant ce temps, Inie travaille, elle rapporte un objet tombé, se laisse facilement brosser et accepte volontiers les caresses ou une croquette en guise de récompense.

Nous sommes en séance de thérapie, à l’Ephad des jardins de Camille à Saint-Benoît, en présence d’Inie, une jeune chienne Labrador de deux ans, diplômée de l’école des  » Chiens d’Eveil d’Anjou  » pour guider des personnes aveugles. Un complément de formation en direction des personnes âgées a contribué à sa réorientation professionnelle pour obtenir son premier poste en mai dernier en tant que chien thérapeute.
« L’idée de la médiation animale est née avec la mise en place d’une nouvelle équipe en 2010. Je cherchais un projet fédérateur qui mobiliserait à la fois le personnel et les résidants » explique Elodie Julien-Magnan, directrice de l’Ephad.

«  Surprenant et magique  »

« Un chien d’assistance auprès d’un public fragile a un rôle de médiateur et de facilitateur d’échanges à tous les niveaux : les résidants entre eux, le personnel, les familles. Inie lève les barrières pour ceux qui sont les moins communicants. C’est une thérapie ». Une parmi d’autres déjà en place à l’Ephad, qui lui donne presque un véritable statut professionnel à la jeune chienne.
« Elle est dans le livret d’accueil, elle fait partie du projet d’établissement, nous la présentons aux familles lors de l’accueil ».
Cependant, cette toute jeune spécialiste de la relation bénéficie de conditions de travail très particulières à en faire pâlir un militant syndical. « Ce n’est pas un chien de compagnie, elle travaille une heure par demi-journée, après elle perd de son efficience mais c’est surprenant et magique. L’avantage avec Inie, c’est qu’elle va vers les résidants sans aucune discrimination ».
Alors en séances collective ou individuelle à visée psychologique, sociale ou cognitive, elle offre un mieux-être aux résidants par les contacts avec la main pour procurer du plaisir, les jeux pour préserver la motricité, les mots pour conserver le langage.
Elise Geoffroy, cadre infirmière est la référente. Elle a suivi une formation en médiation animale et ne se sépare jamais de la jeune chienne qui est devenue une véritable assistante. « Du fait de ma fonction, je fais des visites en chambre. J’ai visité récemment une résidante en perte d’autonomie brutale. D’abord surprise, cette personne a appelé Inie. Très rétractée, elle s’est détendue, elle a ouvert ses membres, Inie a calmement posé sa tête ».
Charles a pris la décision de quitter son domicile parisien de Montmartre pour venir vivre à l’Ephad près du domicile de sa fille. Il ne se laisse pas spontanément enthousiasmer par l’idée d’un chien à la résidence, pourtant il se livre.« C’est une compagnie contre l’isolement. Dans le vieillissement, la souffrance ne fait penser qu’au mal. Alors, la présence d’un chien qui vient me renifler, pour quelqu’un qui a un peu de sentiment, c’est extraordinaire ».

L’Ephad des jardins de Camille est situé au 26 rue du Pré Médard à Saint-Benoit. Ouvert en 2006, il fait partie du groupe Orpéa qui gère trois autres résidences dans le département : les jardins de Charlotte à Neuville-du-Poitou, les jardins de Salomé à Fontaine-le-conte et la résidence d’or à Montmorillon. Les Jardins de Camille est une structure médicalisée de 60 salariés qui accueille en appartements 75 résidants en dépendance psychologique, physique ou sociale.

source Nouvelle République

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