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Technologies et Maintien à domicile

dossier nouvelles technologies et vieillissement

Entre fascination et rejet, les nouvelles technologies laissent rarement indifférent.
Un constat d’autant plus exacerbé dans le domaine du maintien à domicile et de l’assistance aux personnes âgées, où aides humaines et aides technologiques sont trop souvent mises en opposition binaire alors que les robots ou la domotique pourraient devenir de réels outils pour aider les professionnels dans leur accompagnement.

Connaître les technologies du maintien à domicile

Sans dresser un panorama exhaustif des outils technologiques mis à disposition du « bien vieillir chez soi », des grandes catégories se distinguent : aides au déplacement (monte escaliers), domotique (volets roulants électriques, chemins lumineux, automatisations), dispositifs d’alerte (téléassistance, détecteur de chute, capteurs d’analyse d’activité, géolocalisation), objets connectés (tablettes, internet des objets, piluliers intelligents), télégestion, robotique (robots assistants), mobilier adapté (salle de bains, cuisine)…

Ces technologies s’adressent directement aux utilisateurs, mais aussi aux aidants familiaux ou aux professionnels de l’aide à domicile. C’est dans ce dernier cas que la crainte de voir l’aide humaineremplacée ou relayée au second plan par l’aide technologique est la plus présente.

La télégestion est alors perçue, à tort, comme un outil liberticide de « flicage », tout comme la géolocalisation. Certains outils domotiques, automatismes et, dans un avenir pas si lointain, les robots compagnons ou assistants sont, quant à eux, taxés d’être déshumanisants.

Du lave-linge aux robots

RETOUR DANS LE PASSÉ

Les lave-linge se sont généralisés à domicile durant la seconde moitié du 20e siècle et ont contribué à supprimer l’usage des lavoirs. Peu après, les premiers téléphones équipaient les premières maisons des particuliers.

Il n’y a pas si longtemps ces nouvelles technologies faisaient peur, on les taxait d’être à l’origine probable d’une perte du lien social alors que chacun allait de plus en plus rester chez soi…

Récemment, les outils de géolocalisation pour malades Alzheimer ont été rejetés et comparés aux bracelets des prisonniers.
Aujourd’hui, mieux acceptés, ils permettent de sauver des vies, d’éviter des traumatismes importants, de rassurer les aidants familiaux. Un dispositif technologique qu’il est finalement préférable de définir comme un « bracelet de liberté d’errance » plutôt que comme une surveillance géolocalisée.

POURQUOI PAS DES ROBOTS-AIDANTS ?

Pour demain la robotique fait débat. Des robots compagnons, des robots assistants et pourquoi pas des robots aidants ?

Oui finalement pourquoi pas !
Imaginons le cas de M. Durand, 92 ans, qui a besoin d’une assistance le matin et le soir pour une aide au lever/coucher.
En 2015, M. Durand fait appel à une aide professionnelle qui, du fait de ses patients plus nombreux chaque jour, intervient quotidiennement à heure fixe : levé à 8h15, couché à 9h25.
En 2025, ce
même M. Durand pourrait avoir une aide robotique lui permettant d’effectuer ses propres « transferts » (pour utiliser le terme professionnel) quand bon lui semble, avec la liberté d’une grasse matinée, d’une veillée plus tardive que d’habitude dans son salon. Ce n’est qu’unexemple mais, dans ce cas, l’aide humaine a généré de la perte d’autonomie en comparaison à l’aide technologique.

Le débat « technologie » contre « humain » n’a rien de nouveau. Il n’y a en fait rien à craindre des technologies, si ce n’est du mauvais usage que nous pourrions en faire.

Il n’y a donc pas lieu de refuser le déploiement des outils technologiques. Au fur et à mesure de leur démocratisation le rôle des professionnels va évoluer pour passer d’une logique d’assistance au quotidien à une logique plus sociale, de présence, d’échanges, de soins. Des professionnels qui vont donc aussi pouvoir consacrer plus de temps aux personnes avec une perte d’autonomie importante.

Des professionnels remplacés par des robots ?

Oui, pour certaines tâches et quand cela sera un plus pour la personne concernée.
Mais si demain vivre chez soi grâce à un maintien technologique à domicile, c’est vivre isolé, entouré de capteurs, de technologies sans failles, sans que les proches, aidants naturels ouprofessionnels ne nous rendent visite, et ne prennent des nouvelles que parce que le détecteur de chute, le capteur d’inactivité, ou le robot compagnon n’aura pas émis d’alerte, alors en effet là il y aura de quoi remettre en cause nos usages.

Exemple d’un scénario catastrophe

– Comment va grand-mère ?,demande Nathalie à son cousin.
– Apparemment tout va bien !, répond Patrick.
Et consultant son smartphone connecté aux capteurs installés à son domicile : « Tiens elle s’est levée ce matin à 8h13 et je n’ai reçu aucune alerte depuis sa dernière chute il y a trois mois. Si tu veux, je t’abonne au fil RSS de ses alertes tu pourras ainsi avoir de ses nouvelles directement sur ton compte Twitter !

Rassurons-nous, il est peu probable que ceci devienne réalité.
Mais dans ce cas extrême, si on lance une nouvelle étude VivreChezSoi (mission du secrétariat d’État en charge des Aînés en juin 2010), il y a fort à parier que 90% des Français ne souhaiteront plus vieillir à domicile, mais en établissement, là où finalement il y a du monde, des échanges, de la vie !

Un atout de plus pour vieillir chez soi

Toute nouvelle technologie doit être apprivoisée et nécessite finalement un apprentissage collectif. Par exemple, des smartphones sont de formidables outils de communication, mais aussi des dispositifs qui deviennent intrusifs pouvant générer repli sur soi et addiction.

Parce que toute médaille a son revers, et parce qu’il s’agit en matière de Silver Economie de personnes pouvant être vulnérables, il faut au sujet des technologies pour l’autonomie toujours avoir en tête un esprit critique et éthique.

Y aura-t-il des risques d’abus ?
Oui, cela
fait partie du processus d’apprentissage collectif. Le tout sera de s’en prémunir sans pour autant rejeter les innovations technologiques. Sans non plus omettre le libre choix des personnes âgées, qui ont toutes des besoins très différents, un libre choix qui implique aussi un droit au risque.

Bien vieillir est une chance, les technologies du domicile y participent indéniablement et seront une aide tant pour les personnes en perte d’autonomie que pour faciliter le travail des professionnels et recentrer leurs interventions sur l’humain, le lien social, plutôt que sur des actes techniques.

Jérôme PIGNIEZ

source : www.silvereco.fr

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